le sexting et ses dangers : pour les adolescents et les adultes 

Notre société est marquée par l’essor des nouvelles technologies et leur effet sur la manière de communiquer avec autrui. Cette évolution touche avant tout les adolescents et les jeunes adultes. Des applications de messagerie instantanée permettent de s’envoyer des messages, textes, photos ou vidéos. Les réseaux sociaux sont également très présents afin de mettre en ligne des commentaires ou des photographies. Parallèlement, il existe une explosion des sites de vidéos pornographiques. Les adolescents peuvent y être confrontés, volontairement ou non. L’ensemble de ces services multimédias a ainsi un effet sur l’éducation sexuelle de l’adolescent.

 

Le sexting est défini comme l’envoi de messages et d’images sexuellement explicites au moyen d’un téléphone portable ou via les messageries instantanées, les blogs et les réseaux sociaux. Le sexting peut être primaire (la personne diffuse elle-même les images la représentant), ou secondaire (un tiers les transfère à d’autres personnes).

En médecine générale, le contact avec les adolescents est fréquent. Mais le sexting est peu connu des médecins et sexologues et est peu étudié dans la littérature. Or les conséquences psychologiques de ce type de pratique peuvent être importantes. 

une étude et une thèse ont été réalisés , Cette étude observationnelle originale a exploré un phénomène peu connu des soignants.

Près d’un tiers des adolescents de cette étude connaissent le sexting et 20 % disaient le pratiquer. Ces résultats sont comparables à ceux d’une étude américaine de 20121. En France en 2013, 25 % des 18-25 ans déclaraient avoir envoyé des images d’eux- mêmes dénudés et 10 % avoir déjà réalisé un live show sexuel devant leur webcam2.

Le plus souvent « privé », le sexting fait partie de la sexualité du couple adolescent. Les risques sociaux et leurs conséquences sont connus des adolescents, qui continuent tout de même à le pratiquer.

 

les objectifs de l'étude 

Étudier les caractéristiques et les conséquences psycho- logiques du sexting chez les adolescents du département du Nord et rechercher un lien entre les photos, vidéos érotiques ou pornographiques et le fait d’avoir été en contact volontaire ou non avec de la pornographie. 

Ce travail montre l’importance pour le soignant  d’aborder le sujet du sexting et de ses conséquences avec les adolescents. En parler permet aussi d’aborder leurs comportements sexuels et de discuter d’une sexualité sans risque.

En s’attachant à proposer un cadre d’accueil favorable, le médecin peut s’aider s’il le souhaite du questionnaire d’amorce de dialogue pour l’adolescent distribué par l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé. 

 

Population étudiée

Adolescents de 13 à 17 ans du département du Nord consultant en cabinet de médecine générale (MG), en Centre de planification et d’éducation familiale (CPEF) et chez des élèves d’un lycée privé de la métropole lilloise, dans deux classes de première, entre janvier et septembre 2015.

Méthode

Étude épidémiologique, multicentrique, prospective et anonyme par questionnaire auto-administré. Chez le MG, le questionnaire était proposé directement par le médecin qui s’assurait du consentement parental. Dans les CPEF, le questionnaire était proposé par la secrétaire des consultations aux mineurs qui le rem- plissaient en salle d’attente. Un enseignant a distribué le questionnaire aux élèves, qui l’ont déposé dans une boîte aux lettres dédiée.

Les critères d’exclusion étaient l’âge inférieur à 13 ans ou supérieur à 17 ans, ou l’absence de consentement. Les données recueillies portaient sur :
les données socio-démographiques : âge, sexe, mode

le matériel informatique utilisé et son mode d’utilisation : temps passé sur Internet, applications les plus utilisées, fréquence d’utilisation et correspondants habituels ;

Résultats 

Trois cent trente-sept questionnaires ont été analysés. 55,5 % venaient des MG, 25,8 % des CPEF et 18,7 % du lycée. L’âge moyen était de 15,7 ans.  

y avait 31 % de garçons et 69 % de filles. 31,5 % connaissaient la pratique du sexting, surtout les 15-17 ans (p = 0,002). 19,9 % des adolescents avaient déjà réalisé des photos ou vidéos érotiques ou pornographiques. 70 % les destinaient unique- ment au petit ami, 12 % à des inconnus. 28,8 % des adolescents qui réalisaient ces photos avaient eu des conséquences : harcèlement (17 %), angoisse (15 %). Dépression, hospitalisation et tentative de suicide concernaient 8 % des adolescents. 47,2 % connaissaient quelqu’un de leur entourage qui avait déjà eu ce type de conséquences suite à la pratique du sexting. On retrouvait une association de ces messages avec un temps passé sur Internet supérieur à 3 heures par jour, l’utilisation des messageries ins- tantanées avec le petit ami, le fait d’avoir reçu le même type d’images du petit ami, la visua- lisation de pornographie, une vie sexuelle active.

78 % avaient été confrontés involonairement à de la pornographie le plus souvent par de la publicité. L’âge moyen de la
première confrontation était de 12,6 ans. 39 % avaient déjà regardé volontairement de la pornographie et 3 % très souvent. Les garçons regardaient plus que les filles (
p < 0,001). 23,7 % pensaient que leur sexualité avait été influencée par la pornographie.

74,8 % des adolescents savaient que toute photo ou vidéo transmise par Internet pouvait être utilisée à leurs dépens. 63,8 % avaient déjà reçu des explications sur les conséquences de la diffusion d’images personnelles à caractère érotique ou pornographique. 

la confrontation à de la pornographie, volontaire ou non, sa fréquence, les circonstances ;

la connaissance du sexting et, s’il était pratiqué, avec qui et par quel moyen ;

l’existence de conséquences personnelles ou dans leur entourage ;

les connaissances des conséquences légales éven- tuelles de ces pratiques ;

la sexualité des adolescents.

on s'aperçoit des dérives à quoi le sexting pourrait conduire , l'importance est d'en parler et d'informer