je me décide à parler de ce sujet car lors d'entretiens avec des patientes ou un couple , j'ai souvent entendu parler de ce phénomènes de douleurs au niveau de la vulve ....

une collègue sexologue a également évoqué  ce problème lors d'un message  et nous avons cherché à vous répondre ...

'exemple d'une patiente

 " Il s'agit d'une femme de 40 ans environ qui souffre d'une vulvodynie très invalidante depuis une dizaine d'années. Elle m'explique que le nerf pudendal a été abimé lors de son accouchement. Cette femme est actuellement très invalidée : pendant 5 ans, son  mari devait l'habiller, la laver....elle semble avoir repris une certaine autonomie mais elle se déplace péniblement avec des béquilles (et je vais d'ailleurs faire la consult à son domicile !).

Le contexte est très lourd ! Je pense aborder cette femme comme les douloureux chroniques toutefois si vous avez des pistes de prises en charge ou des expériences à partager, je suis preneuse."

la vulvodynie: 

Lorsque la vulve, qui comprend l'ensemble des organes génitaux externes de la femme, devient douloureuse sans que l'examen médical n'en trouve la cause, les médecins parlent de vulvodynie. Comme cela peut durer des mois, voire des années, il est très important de se faire suivre par un médecin en qui l'on a confiance et qui reconnaisse cette maladie en tant que tel : en effet, ce n'est pas "dans la tête" que ça se passe, même si cette affection chronique finit par retentir sur le moral. Revenons sur les symptômes, les traitements et les meilleurs moyens de prévention...

 

qu'estce qu'une vulvodynie :

 un inconfort vulvaire qui persiste plus de 3 mois, sans raison susceptible de l'expliquer, relève a priori d'une vulvodynie.

La cause des vulvodynies n'est pas connue. Cette affection est d'autant plus mystérieuse qu'elle peut survenir brutalement, sans faire suite à un événement particulier et durer des mois ou des années avant de disparaître !

C'est un motif fréquent de consultation chez le gynécologue.

La cause de la vulvodynie n'étant pas connue, les patientes ne sont pas toujours prises au sérieux ou ont peur de ne pas l'être. De fait, la fréquence de cette affection est probablement sous-estimée.

Les douleurs ou les brûlures sont permanentes ou intermittentes : elles apparaissant volontiers au toucher ou au contact des vêtements, des tampons, etc. Elles sont ressenties au niveau des organes génitaux externes et s'associent parfois à une douleur au moment des rapports et pour cause : cette pathologie ne favorise pas la libido et les préliminaires.

  • La gêne générée par une vulvodynie, contraste avec la pauvreté des signes : en l'occurrence, l'examen gynécologique est le plus souvent normal ou une vague petite rougeur est notée.
  • Il semble que des antécédents d'infections sexuellement transmissibles et de troubles hormonaux, augmentent le risque de vulvodynie.
  • il handicape la femme et le couple , souvent les médecins sont encore dubitatifs devant ces douleurs et les patientes ne se sentent pas prises au sérieux . 

et le diagnostic ??

C'est bien là tout le problème ! Faute de signe spécifique, le gynécologue est contraint d'éliminer toutes les autres causes de douleurs ou de brûlures localisées à ce niveau.

  • aujourd'hui les recherches  évoquent  la compression du nerf pudendal qui aurait une incidence en profondeur
  • Qui consulter ? Il faut oser en parler à son gynécologue. voir une sexologue, en parler à une psychologue
  • La vulvodynie est reconnue comme une maladie à part entière et il n'y a aucune raison de rester à souffrir en silence.  
  • En quoi consiste le bilan ? Hormis une légère rougeur, l'examen gynécologique est normal. A la colposcopie, des petites lésions sont parfois repérées et surtout, leur contact déclenche une vive douleur. Si la flore vaginale est analysée, un déséquilibre est volontiers retrouvé, mais il ne suffit pas à expliquer les douleurs.
  • On ne peut pas prévenir la survenue d'une vulvodynie dans la mesure où sa cause est inconnue, mais on peut parfois éviter le déclenchement de la douleur.

La toilette externe doit se faire avec des produits d'hygiène intime, mieux adaptés au pH des muqueuses, qu'un savon classique.

Il est conseillé de porter des sous-vêtements en coton et des vêtements amples pour limiter les frottements qui déclenchent la douleur.   Chez certaines femmes, la prise d'aliments comme les légumes verts, les haricots, les noix ou le chocolat favorisent la production d'une urine irritante. Si c'est le cas, ces aliments sont à éviter.

les traitements  dépendent de l'intensité de la gêne ressentie.

  • La kinésithérapie et notamment les exercices améliorant le tonus pelvien, semblent capables de diminuer la gêne liée à la vulvodynie.
  • Les corticoïdes et les anesthésiques locaux soulagent bien la douleur, mais on ne peut utiliser les premiers au long cours et les seconds enlèvent également tout ressenti lors des rapports sexuels, ce qui peut poser un vrai souci au couple.
  • Dans les formes les plus invalidantes, avec retentissement sur la vie quotidienne - certaines femmes n'arrivent même plus à s'asseoir - certains antidépresseurs ou anticonvulsivants se sont avérés efficaces.
  • Tout ce qui pourrait aggraver la gêne comme une infection vaginale doit enfin être traité au plus vite.

La relaxation fait partie du traitement à part entière. l'hypnose ou les auto suggestions telles 

le biofeedback qui offre la possibilité de réguler consciemment des processus physiologiques de notre corps et dont nous n'avons habituellement pas conscience (battements du coeur, respiration , activité musculaire, etc.), est souvent utilisé avec succès pour traiter toutes sortes de douleur et apprendre à réduire les réactions de stress.

dire et en parler peut soulager , n'oubliez pas ....